Présidentielle 2027 : les 4 propositions du Synabio pour les transformateurs bio

Présidentielle 2027 : les 4 propositions du Synabio pour les transformateurs bio

Par Louis Pinot

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, La Maison de la Bio — qui rassemble 11 organisations dont le Synabio — a publié un livre blanc portant l’ambition de doubler la consommation de produits bio en France en 5 ans. Organisé en quatre chapitres et quatorze propositions, ce programme s’adresse aux candidats et aux décideurs publics.

Le Synabio y porte plus particulièrement quatre propositions pour les transformateurs bio:

1. Transparence bio dans la distribution et la restauration commerciale

EGAlim impose déjà des objectifs de bio en restauration collective publique, mais la restauration commerciale et la grande distribution restent hors périmètre, sans aucune visibilité publique sur leur offre bio. La SNANC prévoit d’y remédier via son action phare n°3, qui impose la transparence sur les achats de produits durables et de qualité dans la distribution et la restauration commerciale jusqu’au consommateur. Le Synabio demande que le prochain gouvernement traduise cette mesure en loi sans délai, avec le bio identifié comme catégorie distincte et traçable — un diagnostic partagé qui permettra pour la première fois de mesurer la réalité du marché et de définir des trajectoires de progrès sur une base objective.

2. Réguler le temps de publicité alimentaire via l’ARCOM

Aucune règle n’encadre aujourd’hui la qualité nutritionnelle ou environnementale des produits promus par la publicité alimentaire, qui oriente pourtant massivement les choix des consommateurs. Le Synabio propose que l’ARCOM intègre un critère de qualité alimentaire dans la régulation du temps de publicité : qu’une part minimale du temps publicitaire alimentaire soit réservée à des produits répondant aux critères EGAlim, dont le bio — une mesure qui ne coûte rien à l’État et rééquilibre l’exposition des consommateurs à une offre de qualité.

3. Créer un indicateur officiel de qualité de transformation

Le Nutri-Score renseigne sur la qualité nutritionnelle des aliments, mais pas sur leur degré de naturalité ni sur les procédés de transformation ou le recours aux additifs. Faute de référentiel public harmonisé, des millions de Français se tournent vers des applications privées comme Yuka. Le Synabio demande l’ouverture d’un chantier officiel sur un indicateur complémentaire de qualité de transformation, distinguant les produits selon leurs procédés de fabrication, le recours aux additifs préoccupants et l’exposition aux contaminants. La filière bio, qui encadre ces dimensions depuis 30 ans dans son cahier des charges, est prête à y contribuer.

4. Défendre l’intégrité du label bio face aux évolutions réglementaires européennes

Le label bio reste l’un des rares repères de confiance partagés par les consommateurs européens, grâce à un cahier des charges exigeant construit progressivement à l’échelle européenne. Alors que plusieurs réformes sont en cours de discussion, le Synabio appelle à préserver la cohérence de ce cadre : préserver les acquis du règlement bio européen dans la révision de l’acte de base, préserver les garanties du principe de précaution et de traçabilité dans les dossiers relatifs aux NGT et aux micro-organismes génétiquement modifiés, et garantir que les nouvelles règles européennes sur les allégations environnementales (EMPCO, Green Claims) renforcent la lisibilité de l’information consommateur sans remettre en cause la reconnaissance du label bio.