Communiqué de presse – Paris, le 2 novembre 2026
À l’occasion du Comité de suivi des négociations commerciales 2027, le Synabio appelle la distribution à traduire son soutien aux PME dans les accords commerciaux. Pour éviter un « PME washing », il propose un pacte de confiance fondé sur une présomption de sincérité des hausses de coûts présentées et des engagements de développement. L’enjeu : préserver l’investissement des PME bio et les débouchés des filières agricoles françaises.
Le soutien aux PME doit se mesurer dans les accords
Le Synabio accueille positivement les prises de position de la FCD et des enseignes en faveur des PME. Le calendrier différencié constitue une avancée, mais négocier plus tôt doit aussi permettre de négocier dans de meilleures conditions.
Le « pacte de confiance PME » proposé doit permettre, dans un calendrier resserré, de partir d’une présomption de sincérité des hausses de coûts pour consacrer davantage de temps aux plans d’affaires : volumes, référencements et mise en avant. Alors que la consommation bio repart, le maintien, voire l’élargissement, des assortiments doit accompagner cette dynamique.
« Le soutien aux PME ne doit pas se limiter à un effet d’annonce. Nous attendons des actes pour éviter un “PME washing”. Notre proposition est constructive : partir d’une confiance sur les coûts pour développer les ventes et créer de la valeur ensemble, plutôt que laisser s’éroder les marges et l’investissement », déclare Thomas Breuzet, président du Synabio.
Des coûts non répercutés qui menacent l’investissement et les filières françaises
Les PME bio subissent un double choc : les conséquences de la sécheresse sur les matières premières agricoles et les hausses de matières premières industrielles depuis les tensions dans le détroit d’Ormuz, notamment sur les emballages, auxquelles s’ajoutent les surcoûts de transport et de logistique.
FOREBio rapporte des baisses de rendement en grandes cultures estimées autour de 30 % dans les situations documentées et des pertes atteignant localement 75 % pour certains fruits et légumes. Ces pertes réduisent les revenus agricoles et augmentent les coûts de collecte et de transformation, répartis sur des volumes plus faibles.
Selon notre dernier baromètre, 85 % des entreprises interrogées ont vu leurs coûts augmenter, mais près de huit sur dix en ont répercuté moins d’un quart. 58 % n’ont rien répercuté du tout. Si ces hausses ne sont pas suffisamment prises en compte, 82 % anticipent une nouvelle dégradation de leurs marges et 52 % réduiraient leurs investissements. Pour 27 %, c’est la pérennité même de l’entreprise qui serait en jeu.
Ces investissements soutiennent l’emploi local, les outils de transformation et les achats auprès des producteurs bio français. Leur recul fragiliserait les entreprises comme les filières dont elles assurent les débouchés.
Le Synabio ne plaide pas pour une hausse généralisée des prix alimentaires, mais pour la prise en compte des coûts réels et justifiés, selon la situation de chaque entreprise. La protection du pouvoir d’achat appelle un effort partagé sur toute la chaîne, sans compromettre la rémunération agricole, l’emploi et les capacités de production en France.
Aux pouvoirs publics : nous demandons un suivi renforcé, des contrôles et des indicateurs bio
Le Synabio demande :
- Un suivi resserré des négociations pour les PME, afin d’identifier les blocages, de faciliter leur résolution et d’évaluer les résultats au-delà du respect du calendrier.
- Des contrôles renforcés sur les pratiques commerciales, pour protéger la matière première agricole sans reporter la pression sur la part industrielle.
- Des indicateurs de coûts adaptés aux filières bio. Le Synabio et ses partenaires alertent depuis plusieurs années sur le manque de références robustes et partagées pour étayer les demandes tarifaires. Les évolutions du conventionnel ne peuvent pas être transposées mécaniquement aux réalités du bio.
Le comité doit permettre de donner des suites concrètes à ces demandes, avec la participation des représentants de la distribution. Le Synabio restera mobilisé pour mesurer la traduction des engagements dans les accords et leurs effets sur les débouchés et l’investissement des entreprises.
Contact presse : mathildegsell@synabio.com – 06 28 37 85 21
