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Interview croisée Jeunes Pousses : Munnar Épices et Atelier Sarrasin

03/03/2022

Cela fait un mois que Richard Le Meitour (La Jeune Pousse) et Nicolas Crabot  (Le mentor) ont rejoint le parrainage Jeune Pousse. Lors de notre interview, déjà, Nicolas, créateur de l’Atelier Sarrasin, glisse entre deux questions des conseils à Richard, créateur de Munnar épices, une Jeune Pousse en pleine expansion. Un parrainage sous le signe de la bienveillance et du partage qui fait avancer ces deux entrepreneurs de la bio.

 

Faisons connaissance...

Qu’est-ce que tu aimes chez Nicolas ?

Munnar Épices / Richard Le Meitour : Tout dabord, le courage quil a eu dentreprendre en ayant trois enfants. Mais également, son engagement pour sa filière sarrasin. Il représente une filière située entre tradition (crêpes et galettes) et innovation (steaks végétaux). Enfin, sa disponibilité que ce soit avec moi, mais aussi avec plein dautres jeunes entrepreneurs !

 

Qu’est ce que tu aimes chez Richard ?

Atelier Sarrasin / Nicolas Crabot : J’aime son caractère d’entrepreneur. Le fait que cet ancien salarié se lève le matin décide de mener à bien son projet. Puis, son rattachement à la Bretagne et au monde. C’est un entrepreneur engagé soucieux de l'éthique et du bio.

 

Quel vous ferez envie / aimez-vous  chez l’autre ? Avez-vous goûté mutuellement les produits de l’un ou de l’autre ? 

Munnar Épices / Richard Le Meitour : Je pense que ce ne sont pas forcément les crêpes et galettes que jaimerais goûter en premier, même en tant que breton ! Je serais plus intéressé par la comparaison dun steak de lAtelier Sarrasin et celui de la marque Jacquier par exemple. Il se passe beaucoup de choses dans ce secteur et je suis assez curieux.

Atelier Sarrasin / Nicolas Crabot : Jai goûté les produits de Munnar épices grâce à des échantillons. Jai récemment saupoudré ma sauce de ces épices. Cependant, contrairement au poivre, jai toujours un petit peu dappréhension en termes de dosage. Jai donc envie de découvrir ses produits avec, en complément, un service qui maiderait justement à trouver le bon équilibre.

 

Les difficultés rencontrées lors de la création de votre entreprise ? 

Atelier Sarrasin / Nicolas Crabot : Une de mes difficultés était dordre financier. Selon moi, le succès est une succession d'échecs. Or, le temps cest de largent. Lorsquon est entrepreneur, on monnaye donc ce temps précieux qui nous permet de faire des échecs, de rebondir pour se diriger vers la réussite. En revanche, je nai pas rencontré le manque dexpérience. Obstacle auquel nombre de jeunes startupeurs font face. Jai fait des études généralistes en gestion dentreprise et mes expériences professionnelles mont aussi été de précieuses aides.

Munnar Épices / Richard Le Meitour : Tout dabord, jai connu la difficulté de lentrepreneur seul, car je n’étais pas épaulé. Une autre barrière était dordre logistique. Jai commencé chez moi à mettre en flacon, à stocker et à préparer des commandes. Ça nest pas excitant et surtout très chronophage. Presque aucun conditionneur ne veut sous-traiter pour les jeunes entreprises. Dans les rares cas où cela est possible, les coûts se révèlent exorbitants. La dernière embûche est de nature commerciale. Je me questionne beaucoup pour trouver le bon marché.

 

Quel est le conseil que vous auriez aimé recevoir avant de vous lancer ? 

Atelier Sarrasin / Nicolas Crabot : J’aurais aimé qu’on me dise d’être très ambitieux tout de suite, de ne pas hésiter à aller voir les meilleurs et de mettre beaucoup d’argent dans mes projets.

Munnar Épices / Richard Le Meitour : Le réflexe que je n'avais pas assez au début est de se concerter davantage, de déranger des gens qui ont entrepris sur LinkedIn. Tout le monde est à l’écoute et sait donner du temps. C’est un petit milieu où tout le monde se donne des contacts. Donc, il ne faut pas hésiter à solliciter les gens.

 

Combien de personnes travaillent dans votre entreprise ? 

Munnar Épices / Richard Le Meitour : Je travaille seul, parfois ma famille me donne un petit coup de main pour mettre en flacon les épices.

Atelier Sarrasin / Nicolas Crabot :  Nous sommes deux fondateurs. À présent, nous sommes 18 dans l’entreprise.


L'engagement dans le programme Jeunes Pousses

Pourquoi être membre des Jeunes Pousses du Synabio ?  

Munnar Épices / Richard Le Meitour : Cest important pour une jeune entreprise de développer son réseau. Ce condensé de compétences permet de puiser de linspiration. Aussi, les Jeunes Pousses et le mentorat permettent davoir des réponses à ses questions, notamment sur la réglementation bio. Toquer à dautres portes que des organismes de certification bio pour trouver des experts en la matière qui ne factureront pas la moindre question est aussi un réel avantage.

 

Que vous apportez-vous aujourd’hui mutuellement ? 

Munnar Épices / Richard Le Meitour : Nicolas mapporte les connaissances et linspiration. Bien sûr, je demande aussi à dautres entrepreneurs des conseils. Dès que jai une question en tête, je ne les pose pas toutes à Nicolas, car des questions, je men pose tous les jours et plusieurs fois par jour. Donc Nicolas maurait déjà bloqué ! Je vois donc plus Nicolas comme un ami ou un proche supplémentaire que je concerte. Il pèse tout de même peut-être plus que dautres, car il a déjà de lexpérience. 

Atelier Sarrasin / Nicolas Crabot : Pour revenir sur ce qua dit Richard, cest vrai que je suis passé par des incubateurs, dont les Jeunes pousses et jen suis à mon deuxième accélérateur. Jai donc la possibilité et la volonté douvrir mon réseau à Richard. Aussi, en tant quadministrateur du Synabio, faire partie du projet Jeunes pousses me permet de parler en connaissance de cause du projet de parrainage lors des conseils dadministration. Cette aventure mapporte aussi une respiration. Le parrainage me permet d’être reconnu pour mon expérience et de partager ce quelle ma apporté. Aussi, grâce au passe de Richard, jai accès à lincubateur Rungis and Co. Je vais le voir, je regarde, je minspire : ce sont des moments privilégiés. Il ma aussi acheté un pain au sarrasin, cest une petite attention qui ma beaucoup touché. Le pain était dailleurs très bien équilibré !

 

Comment percevez-vous et vivez-vous la relation d’aide dans le parrainage Jeunes pousses ? 

Munnar Épices / Richard Le Meitour : Je ne me dis pas que si Nicolas me donne un conseil, je dois absolument le suivre. Par exemple, quand je me pose des questions sur le circuit de distribution, qui est un sujet majeur, je croise sa réponse avec dautres jeunes pousses. Si je parle avec 10 personnes dont 5 entrepreneurs et que les 5 entrepreneurs me disent la même chose, alors je choisis ça.

 

Atelier Sarrasin / Nicolas Crabot : En effet, je nimpose pas à Richard des vues. Je soumets des pistes de réflexions, des ouvertures stratégiques, des propositions (à ce moment de linterview, Nicolas a justement soumis une piste à Richard concernant une entreprise de stockage et de distribution quil avait contactée). À la fin, cest lui qui prend les décisions. 

 

Que diriez-vous aux personnes réticentes vis-à-vis du bio ?

Atelier Sarrasin / Nicolas Crabot : La bio permet le respect de la terre tout comme des Hommes. Aussi bien les producteurs que les consommateurs. Travailler sans pesticides permet aux agriculteurs de préserver leur santé. Quant aux consommateurs, bien que les études autour du bio soient complexes à mener, il ressort des premières enquêtes satisfaisantes dans leur méthode du positif pour la santé de ces derniers. Il faut se rappeler que la bio est la normalité. Avant les années 50, il ny avait pas de pesticides.

 

Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans votre vie professionnelle actuellement ?

Munnar Épices / Richard Le Meitour : Ce que j’apprécie en tant qu’entrepreneur aujourd’hui est de pouvoir réorienter ma société d’une semaine à une autre, même du jour au lendemain sans l’accord de personne.

Atelier Sarrasin / Nicolas Crabot : Ce que j’aime réside dans la liberté de construire, même si ça constitue dans le même temps une responsabilité énorme.

 


La vision du futur ? 

Quels sont vos objectifs pour les 5 prochaines années ?

Munnar Épices / Richard Le Meitour : Pour ma part, tout reste à faire ! Mon premier objectif est dinstaller Munnar épices comme une marque initiatrice dun vent de fraîcheur, de nouveauté. Je veux bousculer ce que lon trouve aujourd'hui dans le rayon épices. Mon second objectif est de rendre dici 5 ans lachat d’épices à la fois sympa, gourmand et engagé. J'aimerais que ce ne soit plus un achat uniquement basé sur le prix.

Atelier Sarrasin / Nicolas Crabot : Pour ma part, devenir le numéro un, le référent absolu du sarrasin en France et en Europe.

 

Richard, allez-vous à la découverte de nouvelles épices ? 

Munnar Épices / Richard Le Meitour : Pour linstant, je propose 34 références d’épices, mais je vais me restreindre à 25 pour me concentrer sur celles qui se vendent le mieux. Dans quelques semaines, je pars en Israël et en Palestine pour rencontrer de nouveaux producteurs. Jai aussi prévu daller en Inde et à Madagascar une fois par an et de découvrir le Mexique pour ses variétés de piments. Si mon cœur parlait, jaurais une gamme de 80 épices, dont une vingtaine de poivres. Pour l'instant, je me suis limité, mais jai plein de choses dans les tiroirs comme la commercialisation dalgues bretonnes. Cependant, je ne sais pas encore si la vente de produits biologiques constituera comme aujourdhui 100% de mes ventes. 

 

Comment imaginez-vous l’entreprise de l’autre dans 5 ou 10 ans ?

Munnar Épices / Richard Le Meitour : Je me suis justement posé la question. Jimagine lAtelier Sarrasin comme la marque de référence de cette céréale en France et éventuellement en Europe. J'aimerais que cette marque soit présente dans les crêperies ou les boulangeries comme Mamiche à Paris et quil soit écrit sur le pain Atelier Sarrasin”.

 

Atelier Sarrasin / Nicolas Crabot : Je vois Munnar comme un référent de lusage de l’épice dans les magasins bio tout comme les grandes et moyennes surfaces. Il aura rendu accessible les épices en leur donnant une image décontractée et simplifiée, comme il en avait lambition. En plus, je limagine partir sur des gammes de plats préparés, prêts à lemploi, pratiques avec des épices simples. Cela permettrait de démocratiser lutilisation de ce produit, qui a une image exotique, en le rendant ainsi accessible. Car, quand on ne sait pas ouvrir d'huîtres, on ne mange pas dhuîtres, quand on ne sait pas utiliser d’épices, on ne mange pas d’épices.

 

Comment imaginez-vous la bio dans 5 ou 10 ans ?

Atelier Sarrasin / Nicolas Crabot : Je pense que le marché de la bio dans 5 ou 10 ans aura encore doublé. Conformément aux ambitions de l’État, il devrait advenir une hausse de 25% de lagriculture convertie au biologique. De cet accroissement, j'aimerais quil découle une accessibilité des produits bio pour tous les Français. Que la consommation de tels produits devienne une évidence pour eux. La transition écologique serait alors partiellement opérée par la transition alimentaire.   

Munnar Épices / Richard Le Meitour : Jespère aussi que la bio deviendra une habitude dans les cuisines et que les prix ne constitueront plus une barrière. Jimagine que cela devra passer par du bio dans la grande distribution et que les magasins bio auront su mettre en avant leur valeur ajoutée grâce à des produits, qui plus est, locaux et moins transformés. 

 

En quelques mots comment convaincrez-vous un consommateur d’acheter vos produits ?

Munnar Épices / Richard Le Meitour : C’est un triptyque : gourmandise, santé et durabilité. Donc régalez-vous, faîtes vous du bien et respectez la planète.

Atelier Sarrasin / Nicolas Crabot : Jespère quacheter du Munnar représente une forme de curiosité. Que les gourmands friands d’épices soient conscients de tout le travail qui se cache derrière cette filière. Mes derniers mots seront : curiosité et gourmandise.

 

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