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Le Sénat pointe les insuffisances de la politique française de soutien à la bio

11/02/2020

La Commission des finances du Sénat porte un regard critique sur les financements publics consacrés à l’agriculture biologique.

Dans un rapport du 29 janvier 2020, elle souligne que la politique de soutien à la bio "souffre d’un excès de communication qui alimente un défaut d’identification."

Tout en soulignant que la bio est à l'origine de "biens publics qui semblent avérés" le rapport constate qu'ils sont difficiles à quantifier.

De manière générale, les auteurs gardent une certaine prudence quant à la pertinence du modèle bio : "l’identité même de l’agriculture biologique, à savoir un mode de production agricole reposant sur des processus naturels, conduit à suggérer que l’agriculture biologique est un modèle « avant-gardiste » de production agricole, suggestion qui appelle quelques importantes nuances".

Ces précautions prises, le rapport se concentre sur les limites de la politique de soutien à la bio et note que l'objectif de 15% de la SAU en Bio en 2022 paraît hors d'atteinte.

Il formule un certain nombre de constats et de recommandations telles que : 

  • conforter la fonction de production du bio : éviter toutes initiatives susceptibles d’élever le coût du travail agricole, favoriser l’investissement (suramortissement des équipements) et la protection contre les risques ;

  • élucider le partage de la valeur ajoutée sur les produits de l’agriculture bio,

  • dégager des moyens propres à améliorer les performances économiques de l’agriculture bio.

A noter enfin que les sénateurs questionnent le fonctionnement et la place de l'Agence bio, appelant à une réflexion sur l'adéquation de l'Agence avec les enjeux de l’agriculture biologique d’aujourd’hui.

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