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Les interviews Jeunes Pousses : Les Délices de l'Ogresse

10/05/2021

Les Délices de l'Ogresse, vous connaissez ? C'est sa fondatrice, Ranwa Stephan qui nous en parle. Et elle sait y faire, puisque c'est une ancienne journaliste !

 

  • Qu'est-ce qui rend ta marque différente ?

Plusieurs choses ! Déjà, au niveau gustatif, ils sont d'une grande exigence qui a été reconnue par le monde gastronomique, avec un prix Epicures et un coup de coeur de François Régis Gaudry. Cette exigence, nous l'avons poussée sur tous les aspects en jeu dans la fabrication. Pour nos matières premières, nous payons le prix juste et nous recherchons les circuits les plus courts. Nous sommes très attentifs à l'impact carbone en travaillant avec le moins de produits transformés, en travaillant en saison avec des fruits et des légumes frais, et non pas surgelés comme il est souvent d'usage, et en donnant une seconde vie à nos déchets en les inscrivant dans une économie circulaire sur notre territoire.

 

  • Quels sont tes engagements ? 

Nous avons fait le choix de produire nous-mêmes afin de maîtriser entièrement la fabrication. Et c'est notre force aujourd'hui. Nous contrôlons la qualité des matières premières, leur origine et l'intégralité des process engagés pour la fabrication des produits. Nous privilégions le commerce équitable autant que possible, qu'il soit labellisé comme tel pour certaines matières premières comme le chocolat et le sucre, ou dans notre rapport direct avec les agriculteurs. Enfin, au sein de notre équipe, nous avons mis en place des modes de collaboration avec les salariés rompant avec la structure pyramidale classique d'une entreprise. Dès le départ, nous avons fait le choix d'être dans une démarche RSE forte.

 

  • Pourquoi était-ce important pour toi d'être labelisé bio ? 

Être labellisé bio était une évidence. Il était impensable pour moi de participer à une agriculture qui nuit à la terre sur laquelle elle pousse et aux hommes qui la font pousser. Et pour cela, être en bio est le minimum syndical mais ça ne suffit pas. C'est bien cette bio cohérente, exigeante et durable au centre de la raison d'être du Synabio qui peut se faire le vecteur d'un changement alimentaire mais aussi économique et sociétal. Car nous parlons d'un respect de l'humain de bout en bout de la chaîne, du producteur au consommateur, en passant par les salariés. L'alimentation est un levier clé pour la transformation d'un système à bout de souffle qui sacrifie à la fois l'humain et notre environnement. Pour moi, l'entreprise est un outil clé pour participer à cette transformation.

 

  • Qu'est-ce qui a été le plus difficile dans ton parcours d'entrepreneuse ?

Dans un contexte extrêmement concurrentiel, maintenir coûte que coûte nos exigences n'a vraiment pas été simple. Je me souviens encore des premières discussions avec mon comptable à qui ça paraissait suicidaire et aberrant économiquement de se lancer avec des difficultés supplémentaires. Produire en saison par exemple est un choix coûteux qui implique une grande pression sur la production sur le moment et une grande immobilisation en stock pour durer l'année entière. Payer le prix juste aux producteurs afin qu'ils puissent vivre décemment, c'est aussi prendre le risque de ne pas être concurrentiel face à l'offre existante. Aujourd'hui, ce sont ces choix qui font le succès de la marque, mais ils m'ont aussi imposé de démarrer tout petit, avec mes fonds propres et une équipe extrêmement réduite. Survivre et faire sa place les premières années a tenu du tour de force.

 

  • Que conseillerais-tu à une entreprise qui se lance ?

Ca m'est difficile de répondre à cette question sans être biaisée par mon expérience particulière. Je dirais qu'il est primordial de se poser la question de la raison d'être de l'entreprise qui ne peut pas être juste de vendre quelque chose, et surtout de ne jamais la perdre de vue. L'entreprise n'est pas qu'une structure économique, c'est un organisme vivant qui participe à son environnement. Elle va bien au-delà d'un prévisionnel constitué de chiffres. Et c'est la partie la plus complexe à réussir.

 

  • Que t'apportent les Jeunes Pousses ?

Au-delà des rendez-vous thématiques qui permettent toujours d'apprendre des choses, la grande richesse à faire partie du groupe des Jeunes Pousses, c'est la synergie qu'il y a entre nous. Nous pouvons partager des problèmes et des solutions, nous pouvons créer des coopérations, profiter de l'expérience de chacun, et rompre avec l'isolement que l'on peut parfois vivre face aux difficultés spécifiques des entreprises qui se lancent. Bénéficier en plus d'un accompagnement de ma marraine Beena est très précieux dans les grands moments de questionnement. C'est un groupe qui est en train de se réinventer aujourd'hui et les pistes que nous explorons sont assez excitantes.

 

Pour en savoir plus : https://www.lesdelicesdelogresse.com/

 

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