Tribune : L’inflation ne doit pas éclipser la transition alimentaire !

Tribune : L’inflation ne doit pas éclipser la transition alimentaire !

Par Louis Pinot

Alors que le gouvernement devrait publier prochainement sa stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat, nous, entreprises bio, appelons les pouvoirs publics à engager une transition ambitieuse de notre modèle agricole et alimentaire.

En faisant le choix de l’agriculture biologique, nos entreprises ont été les premières à contribuer de manière volontaire à la préservation de la biodiversité, à la lutte contre le réchauffement climatique et à la santé des consommateurs. Nous démontrons tous les jours qu’il est possible de proposer une offre alimentaire de qualité, respectueuse des hommes, de leur santé et de notre planète.

Mais nous constatons aussi que notre système agricole et alimentaire actuel est dans l’impasse. Son empreinte écologique n’est pas soutenable : elle représente 22 % de l’empreinte carbone de nos modes de vie et c’est le 3ᵉ poste le plus émetteur de gaz à effet de serre. Par ailleurs, les maladies liées à l’alimentation explosent (diabète, obésité, maladies cardio-vasculaires) en raison d’une nourriture trop riche, en particulier en protéines d’origine animale.

Il faut donc sans tarder fixer un nouveau cap et la future stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) du gouvernement nous donne l’occasion d’engager cette indispensable transition.

Mais cette stratégie tarde à venir et risque de ne pas être à la hauteur des enjeux.

En effet, les tensions sur les matières premières et l’inflation sont régulièrement mises en avant par les tenants de l’immobilisme pour freiner le changement. Il faudrait selon eux continuer à produire toujours plus et remettre à plus tard les questions écologiques et de santé publique au nom de la souveraineté. En réalité, cette fuite en avant ne ferait qu’accroître notre dépendance aux engrais de synthèse et au soja que nous importons massivement, aggravant ainsi nos vulnérabilités.

Une alternative conciliant souveraineté, environnement et santé de la population existe et nous appelons les pouvoirs publics à s’en saisir. Ce projet que nous portons s’organise autour d’une dizaine d’actions ciblant à la fois l’offre alimentaire et la demande des consommateurs. En voici les points  clés.

Nous recommandons en premier lieu de rééquilibrer nos productions et nos consommations au profit du végétal. Si les élevages extensifs et de qualité ont toute leur place dans un système alimentaire durable, nous devons progressivement mettre un terme à l’élevage industriel pour des raisons d’impact écologique, de santé et de bien-être animal.

La future SNANC devra aussi encourager la création d’environnements alimentaires favorables qui font des produits sains et durables le choix le plus simple et le plus abordable pour les consommateurs. La loi EGALIM a d’ores et déjà fixé des objectifs sur la part des produits dits de qualité en restauration collective, et notamment de produits bio, mais ils sont loin d’être atteints. Par ailleurs, la grande distribution, acteur incontournable, doit aussi s’engager à développer une offre alimentaire plus durable et les pouvoirs publics devront être les garants de la mise en œuvre de ces engagements.

Enfin, la qualité de l’offre alimentaire doit être améliorée, notamment en encadrant l’usage des additifs et des substances controversées pour la santé et en améliorant les dispositifs de scoring environnemental et nutritionnel.

Le succès de la SNANC suppose donc de mobiliser un large ensemble de parties prenantes. En effet, l’avenir de notre agriculture et de notre alimentation est une question de société, au carrefour de multiples enjeux – écologiques, économiques, sanitaires et éducatifs – qui dépassent le périmètre du seul ministère de l’Agriculture. Nous appelons par conséquent la Première ministre à placer la SNANC sous un pilotage interministériel associant notamment, les ministères de l’Ecologie, de la Santé, des Solidarités, de l’Economie et de l’Éducation nationale.

Entreprises signataires :

  • Christophe BARNOUIN – ECOTONE (Bjorg, Alter Eco, Clipper, Bonneterre…)
  • Tanguy LE GALL – Coopérative BIOCOOP
  • Emmanuel VASSENEIX – LSDH
  • Olivier CLANCHIN – groupe OLGA
  • Benoit SOURY – CARREFOUR
  • Charles KLOBOUKOFF-  Compagnie Léa Nature
  • Berry Thomas / Odile MARCET – SATORIZ
  • Christelle LE HIR – LA VIE CLAIRE
  • Jeremie GINART- Groupe Relais Vert
  • Jacinthe BRILLET – les Prés Rient Bio
  • Sébastien LOCTIN – Biofuture
  • Lucas LEFEBVRE – La Fourche 
  • Magalie JOST- NATURE ET ALIMENTS
  • Bastien LAVAL – Terre adélice
  • Mathilde ROELLINGER – Epices Roellinger 
  • Xavier LE LOUER – L’atelier V*
  • Marie EPPE – In Extremis
  • Sébastien LANGLOIS – Rrraw (Nutrivitalité)
  • Stéphane DELEBASSE – Beyond Green
  • David Klockenbring – Bioloklock 
  • Thierry LAUVERGEAT – Culture Miel
  • Tijlbert VINK – l’Herbier du Diois 
  • Antoine MARTIN – Biomère
  • Gildas BONAFOUS – LES BIOLONISTES
  • Fabrice FY – Nature et Compagnie
  • Philippe BOUTIE – Oviatis
  • Jean VERDIER   SOLIDARMONDE
  • François DUVEAU – Adatris Plantes Bio
  • Maria PELLETIER – MOULIN MARION
  • Brooks WALLIN – Etablissements Favrichon,  Vignon, Prosain et Germline 
  • Vefa ZANCHI – Biobleud
  • Béatrice DARCAS – Ateliers Bio de Provence
  • Vincent REVENIAULT – FRDP
  • Kouyate MASSA -MK FACTORY
  • Yves CANEVET – Boulangerie CANEVET
  • Erwan LIDOUREN –  Le Mas de l’Armandine
  • Olivier GIFFARD – Sté BIGALLET
  • Marlène CASTAN – SCEA PAGUS
  • Philippe SENDRAL – AGRO SOURCING
  • Lemaire MATTHIEU –  scea de la motte 
  • Frédéric GRUNBLATT – ECOLIENCE
  • Frédéric LEREBOUR – Lobodis
  • Anne SERRAULT – VIT’ALL+
  • Ranwa STEPHAN – Les Délices de l’Ogresse
  • Eléonore BEAU – Bon dimanche
  • Philippe DE CRAENE – INAKAKOURA SAS
  • Aurélien FABAS – Le Labo Dumoulin
  • Christophe AUDOUIN – Bio&Lo
  • Christophe FONTAINE- Ets Moulin
  • Lulia Le Bobinnec – Spark International
  • Yoann GRANDJEAN – Fromageries Marcel PETITE
  • Adam Benslimane – Kedelai
  • Jeannine Neyer – Pur Aliment Sarl
  • Frédéric Terrisson – Groupe Natimpact
  • Théo JESPAS – Symples
  • Edouard MECKERT – Moulin des Moines 
  • Benjamin LABELLE – Manger Bio Sud Ouest
  • Grégoire Dupont – FORT&VERT
  • Nina LAUSECKER – Lökki les éleveurs de bulles
  • Yves BELEN – CELNAT
  • Magali Bryla – Autour du Riz
  • Pierrick Leroux – Organic-Alliance 
  • Laure Fidel – BIOHÊME 
  • Vincent ROZE – Réseau Manger Bio
  • Eric Roockx – Aquitaine biologie
  • Laurent Drège – Les Brasseurs Parallèles 
  • Anas Erridaoui – Fungu’it
  • Franck Chevrier – Elettaria Place des Epices
  • Collins Njiakin – Wacols 
  • Patrick Plan – AQUA-B
  • Olivier Giffard – Sté Bigallet
  • Thomas Breuzet – Quinoak
  • Henri Courtois – Algue Service
  • Sébastien Le Ray – Ressources Bio
  • Pierrig Salaün – Biscuits Roc’Helou SAS
  • Pierre-Alain Lainé – Biscuits Bouvard
  • Antoine Graveleau – Tossolia
  • Thomas Breuzet – Quinoak
  • Jean-Guy Versavel – SolidarMonde
  • Hafida Moukadiri – Domaine Irzane Bio-Distribution
  • Manuel Brunet – Arcadie
  • Thomas Canetti – Food4Good
  • Régis Franchi – Bovetti Chocolats